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« Le secteur privé devrait contribuer à la lutte contre la pauvreté et le développement durable, comme le prévoit l’agenda 2030 de l’ONU »  

Affirmation 
« Le secteur privé devrait contribuer à la lutte contre la pauvreté et le développement durable, comme le prévoit l’agenda 2030 de l’ONU »  


Source 
Helvetas
 
Vérification des faits 
Dans son message de soutien à l’initiative - et tout en reconnaissant que beaucoup d’entreprises s’engagent déjà de manière socialement et écologiquement durable - Helvetas déplore que nombre de grandes multinationales « accordent peu d’attention aux normes internationales en matière de droits humains et environnementaux et transfèrent les bénéfices à leur siège social dans le Nord », d’où la nécessité de l’initiative. L’ONG dit s’inscrire dans le sillage des objectifs du développement durable de l’ONU, qui demanderait que les entreprises s’engagent dans la durabilité.  
 
En ce qui concerne la lutte contre la pauvreté, les Objectifs de développement durable des Nations Unies, ne citent pas les entreprises privées, ni ne les interpellent pour leur demander d’agir. Tout au plus, l’objectif 2 « Faim zéro », encourage-t-il les citoyens à utiliser leur pouvoir en tant que consommateur « pour inciter les entreprises et les gouvernements à prendre les décisions et apporter les changements qui feront de l’objectif « Faim zéro » une réalité ». 
 
En revanche, en matière de développement durable, l’ONU s’adresse plus directement aux entreprises. Dans son objectif 12 « Consommation et production durable », elle souligne que certes « 93% des 250 plus grandes entreprises du monde rendent compte de la durabilité ». Elle incite les grandes et les transnationales, à adopter des pratiques viables et à intégrer dans leurs rapports des informations sur la viabilité et demande que « les entreprises utilisent leur capacité d’innovation pour élaborer des solutions qui autorisent et motivent les individus à mener un style de vie plu durable, réduisant les impacts et améliorant le bien-être. »  Ensuite, dans l’objectif 13 « Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques », l’ONU remarque que les entreprises ont intérêt à trouver des solutions permettant des modes de consommation et de production durables « en phase avec les recommandations des spécialistes du climat ». 
 
Les entreprises suisses ont-elles besoin de ce nouveau cadre légal, à savoir la modification de l’article 101a de la Constitution, pour prendre conscience de leur rôle et pour agir en matière de développement durable ainsi que le sous-entend la déclaration ci-dessus ? En juin 2019, UBS a organisé un recensement en matière de RSE soulignant qu’environ « 80% des entreprises suisses ont indiqué que la durabilité était importante, voire très importante à leurs yeux », tout en précisant que les sociétés d’une certaine taille veulent ainsi « éviter les risques de réputation ». Dans son étude économique 2019, la Chambre de commerce et d’industrie de Genève relève que le développement durable suscitait des craintes et des appréhensions il y a 20 ans encore, mais qu’aujourd’hui, il compte « de nombreux ambassadeurs dans les entreprises », avec « des modèles d’affaires qui se calent sur le développement durable ». Tout en soulignant que malgré ces progrès, la route est encore longue et les objectifs non atteints. 
 
La déclaration d’Helvetas est partiellement correcte. Les entreprises suisses ont encore des progrès à faire en matière de développement durable, même si leur prise de conscience est réelle et rapide, ce que reconnaît l’ONG. Toutefois, cette dernière extrapole en disant que l’ONU demande le concours des entreprises en matière de lutte contre la pauvreté, car cela ne ressort pas explicitement des objectifs 2030. 

 

Balken KOVI Faktencheck Faux Vrai

 

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