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« Auparavant, on voyait dans la coopération au développement un acte de solidarité envers les pauvres. Nous assistons toutefois actuellement à l’émergence d’un nouveau paradigme. »

L'affirmation : 
« Auparavant, on voyait dans la coopération au développement un acte de solidarité envers les pauvres. Nous assistons toutefois actuellement à l’émergence d’un nouveau paradigme, qui voit dans les investissements et la croissance économique le moteur de tout développement. Le budget de la coopération au développement sert alors à réduire les risques des entreprises et à augmenter leurs possibilités de gain, afin qu’elles créent des emplois. »

Source : 
Brochure de "Pain pour le Prochain" (https://brotfueralle.ch/content/uploads/2019/02/BROT_BFA_0219_FR_Inhalt_web.pdf)

La vérification des faits :
Ce sont les pays en développement qui préfèrent les investissements du secteur privé à la coopération au développement traditionnelle, car les investissements s'accompagnent d'un savoir-faire qui permet au pays de construire sa propre économie. Nous ne devons pas traiter les habitants des pays en développement comme des assistés passifs, mais plutôt comme des acteurs économiques qui veulent être pris au sérieux (Aerni, P. 2015. Entrepreneurial Rights as Human Rights. Banson, Cambridge). Toutefois, ce message n'est guère entendu dans la coopération au développement, où il s'agit surtout de séduire les contribuables et donateurs suisses avec un discours de solidarité. Après tout, ce sont les donatrices, les donateurs et la politique qui sont les véritables clients des organisations de développement, et non les pauvres des pays en développement (Aerni, P. (2006). The Principal-Agent Problem in International Development Assistance and its Impact on Local Entrepreneurship in Africa: Time for New Approaches. ATDF Journal 3(2): 27-33). En fait, les pauvres sont surtout intéressés par une croissance inclusive et non par une protection contre des multinationales axées sur la croissance, comme le supposent souvent les donateurs ici. Les préoccupations des destinataires sont toutefois soit ignorées pour des raisons opportunistes, soit même désavouées comme "fausse conscience". Cela a beaucoup à voir avec l'arrogance et peu avec la solidarité.

Les organisations de développement sont souvent plus préoccupées par le risque de réputation en Suisse que par les besoins réels sur le terrain. C'est pourquoi de nombreux projets ne sont pas financièrement viables. Les gens préfèrent dire : « Nous savons que beaucoup de choses vont mal, mais nous ne devons certainement pas le dire à nos donateurs. En outre, nous devons rejeter toute forme de coopération avec les grandes entreprises, même si elle est dans l'intérêt explicite de la population locale, car les donatrices et donateurs ne comprendraient pas pourquoi nous travaillons maintenant avec les "multinationales ».

Balken KOVI Faktencheck Faux Vrai
 

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